Abstracts
ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 60, Fall 2007
Searching for Workers’ Solidarity: The One Big Union and the Victoria General Strike of 1919
Benjamin Isitt
ON 23 JUNE 1919, 5000 workers affiliated with Victoria’s Metal Trades Council downed tools in sympathy with Winnipeg workers and as a protest against what they called ‘Star Chamber’ methods of repression against the working class leadership. While much has been written on the Winnipeg General Strike and 1919 Canadian labour revolt, the Victoria General Strike is reveal-ing as a contested expression of working-class solidarity, an illustration of the unresolved tension between craft and industrial unionism and different labour leaderships in the west-coast city. Much of British Columbia labour had embraced the One Big Union and its socialist leadership by the spring of 1919, but Victoria’s organized workers wavered on the question of striking in sympathy with Winnipeg’s working class. While the shipyards were a locus of militancy, influential groups of workers, afl rather than obu in orienta-tion, opposed a general strike and undermined the mood of solidarity. Local conditions in different economic sectors shaped the working-class response to the Winnipeg General Strike. This tension provides fresh insight into the development of class consciousness and industrial militancy at the end World War I, breaking new ground in the historiography of Canada’s postwar labour revolt.
LE 23 JUIN 1919, 5000 travailleurs affiliés avec le Conseil des métiers du métal ont déclenché la grève pour sympathiser avec les travailleurs de Win-nipeg et pour protester contre ce qu’ils appelèrent la méthode de répression “Star Chamber” qui ciblait les dirigeants des classes ouvrières. Il y a eu plu-sieurs écrits sur la grève générale de Winnipeg et la révolte syndicale de 1919 au Canada. Par contre, la grève générale de Victoria se dévoilé comme une expression disputé de solidarité ouvrière, une illustration des tensions non résolues entre le syndicalisme industriel et celui des métiers, et le leadership disputé de la ville de la côte ouest. Alors qu’au printemps de 1919 la grande majorité des syndicats de la Colombie-Britannique s’étaient déjà ralliées au syndicat One Big Union et à ses dirigeants socialistes, les syndiqués de Vic-toria tergiversaient sur la question de faire la grève pour sympathiser avec la classe ouvrière de Winnipeg. Pendant que les chantiers navaux sont le lieu du militantisme, les groupes de travailleurs influents, d’allégeance afl plutôt que obu, sont opposé une grève générale et affaiblissent l’ambiance de solidarité. Les conditions locales dans les différents secteurs économiques ont façonné la réponse de la classe ouvrière à la grève générale du Winnipeg. Cette tension fournit une compréhension du développement de la conscience des classes et du militantisme industriel de la fin de la première guerre mondiale, ce qui permet d’avancer la connaissance de l’histographie des révoltes syndicales d’après-guerre.
Raised in the Spirit of the Class Struggle: Children, Youth, and the Interwar Ukrainian Left in Canada
Rhonda L. Hinther
THIS PAPER FOCUSES on the experiences of children and youth who were born into the Ukrainian Labour Farmer Temple Association (ulfta) during the 1920s and 1930s. It examines the priorities of the movement’s parents and male leaders and their efforts to implement activities that would serve to politicize and impart a strong sense of Ukrainianness in youngsters. It also considers the ways in which young people themselves contributed to the shape of the movement. Children and youth, because of their particular positions at spe-cific intersections of class, ethnicity, age, and gender, experienced the ulfta in ways that were distinct from their parents. Because of the ulfta’s emphasis on Ukrainian culture, their childhoods were also significantly different from other socialist children. The movement’s emphasis on Marxist-Leninism and the class struggle also divided these children from their non-socialist Ukrai-nian and non-Ukrainian peers. By applying an intersectional perspective to the interwar Ukrainian left, this paper also seeks to broaden our understand-ing of the movement’s connection with the Communist Party of Canada (cpc). The ulfta and the cpc enjoyed a consistently difficult relationship through much of this period, particularly where Ukrainian cultural expression was concerned. An examination of youngsters’ activities illustrates some of the many ways in which the ulfta leaders and rank-and-file members (including the young people themselves) resisted the cpc’s attempts to control the ulfta and its resources.
CET ARTICLE SE concentre sur les expériences des enfants et des jeunes nés dans la Ukrainian Labour Farmer Temple Association (ulfta) pendant les années 1920 et 1930. Il examine les priorités des parents et des chefs du mou-vement ainsi que leurs efforts de mettre en place les activités qui pourraient servir de politiser et faire connaître un sens commun d’être Ukrainiens chez les jeunes. Il prend en considération également les moyens par lesquels les jeunes eux-mêmes ont contribué à façonner le mouvement. Étant donné leurs situ-ations particulières aux intersections précises de classe, caractère ethnique, âge et genre, les enfants et les jeunes ont connu la ulfta dans des manières différentes de leurs parents. Étant donné l’emphase de la ulfta sur la culture ukrainienne, leur enfance était aussi remarquablement différente de celle des enfants socialistes. L’emphase du mouvement sur le Marxiste-Léninisme et la lutte des classes avait aussi séparé ces enfants de leurs pairs ukrainiens non socialistes et non ukrainiens. En appliquant la perspective d’intersections à la gauche pendant la guerre, cet article cherche aussi à élargir notre com-préhension du lien du mouvement avec le Parti communiste du Canada (pcc). La ulfta et le pcc entretenaient une relation constamment difficile tout au long de cette période, particulièrement à l’égard de l’expression de la culture ukrainienne. Un examen des activités des jeunes montre certains moyens parmi beaucoup d’autres par lesquels les chefs de la ulfta et les membres ordinaires (y compris les jeunes gens eux-mêmes) ont résisté les tentatives du pcc de contrôler la ulfta et ses ressources.
‘There Were Always Men in Our House’: Gender and the Childhood Memories of Working-Class Ukrainians in Depression-Era Canada
Stacey Zembrzycki
AS AN EXPLORATION of the childhood memories of working-class Ukrainians who grew up in Depression-era boarding houses (or houses with a few board-ers) in Sudbury, Ontario, this paper treats the oral histories as the subject, not merely the method, of analysis and highlights, in particular, the gendered differences that emerge in the narratives of the men and women interviewed for this project. Moreover, this article argues that even within a politically polarized immigrant group such as the Ukrainians, where left/right, progres-sive/ nationalist, and secular/religious splits were so pronounced, and thus central to shaping the histories and historiographies of both camps, it was the influence of dominant gender roles rather than politics, religion, or ideology that most directly informed the differing memories of experience that men and women had of growing up Ukrainian and working class in Sudbury. In particular, this article focuses on informants’ recollections regarding three areas of activity that were part of everyday boarding house life: children’s rela-tionships with male boarders, their domestic chores, and leisure activities.
COMME UN DES souvenirs d’enfance des Ukrainiens de la classe ouvr-ière qui ont grandi dans les pensions de famille (ou dans des maisons avec quelques pensionnaires) à l’époque de la Dépression à Sudbury, Ontario, cet article traite les histories orales comme le sujet, non seulement la méthode, de l’analyse et souligne, en particulier, les différences de genre qui émergent dans les narrations des femmes et des hommes interviewés pour ce projet. De plus, cet article prétend que même dans un groupe d’immigrants politique-ment polarisé tel que les Ukrainiens, où les séparations entre la gauche et la droite, le progressiste et le nationaliste, et le séculaire et le religieux étaient si prononcées, et par conséquent d’une importance primordiale aux histoires et historiographies des deux camps, c’était l’influence des rôles de genre domi-nant plutôt que la politique, la religion, ou l’idéologie qui transmettait le plus directement les souvenirs de l’expérience des hommes et des femmes qui avaient grandi dans le milieu de la classe ouvrière ukrainienne à Sudbury. En particulier, cet article se concentre sur les souvenirs des personnes interrogées en ce qui concerne trois secteurs d’activités faisant partie de la vie quotidienne dans les pensions de famille : les relations des enfants avec les pensionnaires, leurs travaux domestiques ainsi que leurs activités de loisirs.
Transforming Worker Representation: The Magna Model in Canada and Mexico
Wayne Lewchuk and Don Wells
THE EMERGENCE OF internationalized production in the context of weaken-ing state regulation of labour rights and of increasing employer dominance in industrial relations systems raises significant questions about the nature and future of worker representation. A crucial issue is the transferability of company-specific models of worker voice across national boundaries. This issue is the focus of this case study of Magna International, a leading member of a small group of transnational automotive parts manufacturing firms that are central to the contemporary restructuring of the international automotive industry. The paper compares the transformation of worker representation at Magna in Canada and Mexico. In crossing international borders, the Magna industrial relations model has taken on national and local features of the host country. However, the underlying industrial relations structure is one which has elicited a successful reconfiguration and containment of much, although by no means all, of the adversarialism inherent in labour-management rela-tions. This reconfiguration has aligned worker representation to an essentially unitarist project oriented to management’s productivity goals. More than merely suppressing independent unions, Magna has constructed a coherent, management-dominated model of worker representation in both Canada and Mexico. The paper concludes with an assessment of the implications of this model for independent unionism.
L’ÉMERGENCE DE LA production internationale dans le contexte d’affaiblir la réglementation des droits syndicaux et d’augmenter la dominance patronale dans les relations industrielles soulève des questions importantes à l’égard de la nature et de l’avenir de la représentation ouvrière. Une question fon-damentale est le caractère transférable des modèles précis de la voix des travailleurs à travers les frontières nationales. Elle représente le thème prin-cipal de cette étude de cas de Magna International, membre prépondérant d’un petit groupe d’entreprises manufacturières internationales des pièces d’automobile, essentiel à la restructuration contemporaine de l’industrie auto-mobile internationale. Cet article fait la comparaison de la transformation de la représentation ouvrière à Magna au Canada et au Mexique. À travers les frontières internationales, le modèle des relations industrielles de Magna avait pris les caractéristiques nationales et locales du pays d’origine. Toute-fois, la structure fondamentale des relations industrielles est celle qui avait déclenché une reconfiguration réussie et un confinement de la plupart, mais en aucune façon la totalité, du caractère adversaire inhérent dans les relations ouvrières patronales. Cette reconfiguration a aligné la représentation ouvr-ière à un projet essentiellement unitariste axé sur les objectifs patronaux de production. Bien plus que de supprimer les syndicats indépendants, Magna a construit un modèle cohérent avec dominance patronale de la représentation ouvrière au Canada et au Mexique. Cet article se termine avec une évaluation des implications de ce modèle pour le syndicalisme indépendant.









