Abstracts
ABSTRACTS
from Labour/Le Travailleur 6, Autumn 1980.
THE CRISIS OF THE CRAFTSMAN: Hamilton's Metal Workers in the Early Twentieth Century
Craig HeronTHIS ARTICLE DESCRIBES the state of the two largest metal-working crafts in Hamilton at the end of the nineteenth century-the moulders and the machinists; the efforts of their employers to challenge the craftmen's shop-floor power in order to transform their factories into more efficient, centrally managed workplaces; and the response of the craft workers to this crisis. The analysis of this response emphasizes the ambivalence of the artisanal legacy for the working class; on the one hand, an impassioned critique of the more dehumanizing tendencies of modernizing industry; on the other, an exclusivist strategy which aimed at defending only their craft interests. This experience suggests that the sweeping changes in the work process that accompanied the rise of monopoly capitalism in Canada prompted a highly fragmented response from the working class.
L'ARTICLE S'INTÉRESSE aux deux plus important métiers de la métallurgie à Hamilton au XIXe siècle: les mouleurs et les machinistes. L'auteur décrit les efforts des employeurs pour récuser le pouvoir des ouvriers de métier afin d'accroître l'efficacité de leurs usines en centralisant la direction des travaux, et la réaction des travailleurs de métier à ces changements. L'analyse de leurs réactions fait ressortir l'ambivalence de la classe ouvrière devant l'héritage artisanal: tantôt les travailleurs s'en prennent vivement aux asoects déshumanisants du travail en usine, tantôt ils adoptent une stratégie corporatiste dans le but de défendre leurs seuls intérêts de métiers. L'auteur conclue que les transformations dans l'organisation du travail qui a marqué l'avènement du capitalisme monopoliste au Canada a inspiré de la part de la classe ouvrière des réactions très diverses.
TORONTO METAL WORKERS AND THE SECOND INDUSTRIAL REVOLUTION, 1889-1914
Wayne RobertsTHIS PAPER EXAMINES the transformation of the Toronto metal trades in the period from the 1890s through to World War I, a period which is characterized as a "second industrial revolution." The second industrial revolution dramatically intensified and expanded the process unleashed during the first industrial revolution, which situated production in factories, harnessed mechanical power to production, and subjected labour power to capitalist discipline. The second industrial revolution, particularly because it was identified with the rise of integrated monopoly corporations, reduced the power and status of skilled tradesmen. Nevertheless, in the period before World War I, neither managerial nor technical innovations were able to obliterate the artisanal heritage of the metal industry. This uneven development of the industry accounted for the unstable and contradictory patterns of work organization, skill preservation, industrial conflict, worker militance, and radicalism that prevailed in the industry.
L'ARTICLE ANALYSE l'évolution des métiers de la métallurgie à Toronto de 1890 à la Première Guerre mondiale, une période qui a vue l'amorce d'une "second révolution industrielle". Ces années renforcent et accélèrent le processus amorcé pendant la première révolution industrielle, laquelle a regroupé la production dans les fabriques, a intégré la machine à la production et a soumis les travailleurs aux règales capitaliste d'organisation du travail. La seconde révolution industrielle, parce qu'elle coincide avec l'avènement des enterprises monopolistes, a entamé le pouvoir et le statut de l'ouvrier qualifé. Néanmoins, avant la Première Guerre, ni le patronat, ni les innovations technologiques n'ont pu faire disparaître l'héritage artisanal dans l'industrie métallurgique. Le développement inégal de l'industrie explique les modèles changeants et contradictoires de l'organisation du travail, la persistance des métiers, les conflits industriels, le militantisme des travailleurs et le radicalisme, qui régnaient dans cette industrie.
W.C. VAN HORNE AND THE "FOREIGN EMISSARIES:" The CPR Trainmen's and Conductors' Strike of 1892
Hugh TuckIN MARCH 1892, the conductors and trainmen's unions on the CPR's Western Division won a week-long strike and a signed contract, the first on the CPR. The walk-out was forced upon the unions by company president Van Horne's decision to drive them off CPR by administering "loyalty" oaths to company trainmen and conductors. During the strike, the company's extensive use of anti-American propaganda against the two international unions made the question of international unionism a key issue in the dispute. The unions won the strike because almost all the conductors and trainmen on the Eastern Division heeded the strike call, contrary to Van Horne's expectations, and because they proved, by shutting down adjacent divisions, that they could turn the strike into a nationwide tie-up if necessary. Recognizing that breaking the strike under these circumstances would be unnecessarily costly, Van Horne capitulated. The strike is historically significant, first, because it marked the beginning of modern trade recognition and collective barginning on the CPR-and subsequently on other Canadian railways-and second, because it noticeably strengthened the position of international craft unions on Canadian railways.
EN MARS 1892, les syndicats de conducteurs et de chefs de train de la division ouest de CPR ont remporté une longue grève et signé une convention collective, la première au CPR. Le déclenchement de la grève survint lorsque le président de la compagnie, Van Horne, obligea les conducteurs et chefs de train à signer un serment de loyauté à la compagnie, convaincu qu'il était, que les syndicats étaient de par leur nature des organisations conspiratrices et qu'ils ne représentaient pas la majorité des conducteurs et chefs de train du CPR. Pendant la grève, la compagnie eut recours à la propagande anti-américaine contre les deux syndicats faisant ainsi du syndicalisme international le point central du conflit. Les syndicats remportèrent l'ordre de grève, contrairement aux estimations de Van Horne; ils firent la preuve qu'en cessant les opérations de la division adjacente, ils pouvaient, si c'était nécessaire, donner à une grève une dimension nationale. Reconnaissant que d'essayer de briser la grève dans ces circonstances serait très coûteux, Van Horne capitula. La grève est significative sous un double rapport: d'abord, elle marque le début de la reconnaissance syndicale et de la négociation collective au CPR - subséquemment par les autres compagnies de chemins de fer - et ensuite, elle a renforcé l'emprise des syndicats internationaux sur les compagnies canadiennes de chemins de fer.
THE ORIGINS OF THE EMPLOYMENT SERVICE OF CANADA, 1900-1920
Udo SautterGOVERNMENT RUN EMPLOYMENT AGENCIES are regarded as a feature of the modern welfare state. Their appearance in Canada before World War I, however, was not really due to welfare-related concerns. By far the most extensive operations were the immigration services of the federal and various provincial governments. Other labour exchanges were started by Ontario and Quebec, but remained insignificant political ventures. During the war, when the demand for manpower could not be satisfied, the provincial networks grew in importance. The federal government contemplated increasing its own endeavours, but it took the threat of social unrest at the end of hostilities to persuade it to create the Employment Service of Canada.
LES BUREAUX DE PLACEMENT administrés par l'État sont souvent considérés comme des institutions de l'État-providence. Leur création au Canada avant la première guerre mondiale ne peut pourtant pas être attribuée à des considérations de bien-être social. Les activités les plus importantes étaient celles des services d'immigration du gouvernement fédéral et des gouvernement provinciaux. Certes, des bureaux d'un caractère plus général furent établis par l'Ontario et le Québec pour des raisons politiques, mais ils n'eurent qu'une importance négligeable. Ce n'est qu'au cours de la guerre que les réseaux provinciaux reçurent plus d'attention à cause du manque de main-d'oeuvre. Désormais le gouvernement fédéral, lui-aussi, considérait s'engager plus sérieusement dans le marché du travail. Il ne prit pourtant pas de mesures définitives avant la fin des hostilités en Europe. C'est lorsque la démobilisation menaçait de causer un malaise social au Canada que le gouvernement décida de créer le Service de placement du Canada.
THE INTERNATIONAL WOODWORKERS OF AMERICA IN BRITISH COLUMBIA, 1942-1951
Jerry LembckeFROM 1942 to 1951, the British Columbia District Council of the International Woodworkers of America (IWA) was embroiled in a battle for political control. The lines of conflict were drawn between a left-wing "Red Bloc" and an anti-communist "White Bloc." By the early 1950s the left wing had been defeated. Irving Abella has explained the demise of the Left through reference to errors made by communist leaders and reference to the native B.C. lumber workers' disdain for communist trade unionism. This article challenges Abella on both counts. This article situates the anti-communist movement in the political currents extant in Canada at the time and concludes that the secession of the left-led B.C. District from the International in 1948 was less a failure of leadership than it was a last-ditch attempt to preserve the Districts' autonomy. This article argues that the rank-and-file did not abandon its communist leaders but was forcefully separated from its leadersby the anti-communist movement within the CCL-CIO and by the repressive power of the State.
DE 1942 À 1951, le conseil de district de l'Union internationale des Travailleurs du bois d'Amérique fut témoin d'une lutte de pouvoir entre une aile gauche ("Red Bloc") et une aile droite ("White Bloc"). La gauche ayant subi la défaite en 1950, l'historien I. Abella explique son échec en revelant les erreurs commisses par les chefs communistes et en soulignant la réprobation des travailleurs du bois originaires de Colombie pour le syndicalisme communiste. L'article qui prend à partie cette interprétation situe l'anti-communiste parmi les courants politiques existants à l'époque et conclue que la scission du conseil de district de Columbie de l'Union internationale en 1948 s'explique moins pas des faiblesses de leadership que par une dernière tentative pour préserver l'autonomie du district. L'auteur soutient que la base n'a pas abandonné ses chefs communistes, mais fut plutôt forcée de la faire à cause de l'anti-communiste de la CCT-COI et du pouvoir répressif de l'État.









