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ABSTRACTS
from Labour/Le Travailleur 5, Spring 1980.


"FADING BEAMS OF THE NINETEENTH CENTURY": Radicalism and Early Socialism in Canada's 1890s

Gene Howard Homel

THE INTENSIFIED problems of an increasingly urban and industrial Canada by the late nineteenth century stimulated the development of a significant movement of radical social critics. This article describes and interprets the convictions, supporters, and organizations of Canadian radicalism during the 1890s, encompassing labour leaders, anti-monopolists, single taxers, social gospellers, and the like. The radicals rejected free-market assumptions and, on the basis of their concern for ethical values and for the protection of the productive elements of the comunity, advocated a radically restructured society based on cooperation and brotherhood. The article explains the rise of socialist ideas against the background of traditional forms of radical protest.

LES PROBLÈMES toujours plus nombreux nés de la croissance urbaine et du développement industriel à la fin du XIXe siècle ont engendré l'apparition de groupes radicaux. L'article raconte et analyse la pensée, les appuis et l'organisation de ces groupes à la fin du XIXe siècle, formés surtout de chefs ouvriers, d'anti-monopolistes et d'apôtres de la taxe unique et de l'évangile social. Ces radicaux qui rejettent l'économie de marché pour des raisons morales et pour la protection des producteurs, réclament l'avènement d'une société totalement différente basée sur la coopération et la fraternité. L'article étudie également le développement de ces idées en relation avec les formes antérieures de protestation sociale.

SINGLE TAX, SOCIALISM AND THE INDEPENDANT PARTY OF MANITOBA: The Political Ideas of F.J. Dixon and S.J. Farmer

Allen Mills

THE INDEPENDENT Labour Party of Manitoba was established in November 1920, mainly through the efforts of two English immigrants, F.J. Dixon and S.J. Farmer. Dixon was the I.L.P.'s first provincial house leader and Farmer was an I.L.P. M.L.A. from 1922 to 1949, as well as being Mayor of Winnipeg in 1923 and 1924. In their early years in Winnipeg both of them were strong supporters of Henry George's single tax doctrine and militant anti-socialists. This article has two purposes: first, to analyze the political ideas of Dixon and Farmer, and, secondly, to explore the influence of their Georgeite world view on the outlook of the early I.L.P.

LE PARTI indépendant ouvrier du Manitoba a été fondé en novembre 1920, surtout grâce aux efforts de Fred Dixon et de S. J. Farmer. Dixon fut le premier chef de parti à l'assemblée legislative provinciale et Farmer fut député de 1922 à 1949 aussi bien que maire de Winnipeg en 1923 et 1924. À leurs débuts à Winnipeg tous deux furent des disciples de Henry George et des militants anti-socialistes. Le but de cet essai est d'une part d'analyser le caractère des idées politiques de Dixon et de Farmer, d'autre part d'étudier les influences éventuelles de la philosophie georgienne sur l'optique de parti indépendant ouvrier.

THE INCERDIBLE HARVEST EXCURSION OF 1908

W.J.C. Cherwinski

TO SATISFY the continuing need for agricultural labour in western Canada, especially at harvest time, the CPR after 1890 ran cheap harvest excursions from Eastern and central Canada each August and September. Accordingly, to insure an adequate supply of workers and potential settlers the railway companies, together with the federal and provincial governments, created an image of the prairies as a land of opportunity offering plentiful jobs at high wages. Owing to a variety of factors, however, unprecedented numbers responded to an 1908 appeal causing unexpected problems for all concerned. Some of those in the Maritime contingent were particularly troublesome as, bored and thirsty, they went on a rampage which touched most of the communities on the Main Line from Chalk River to Winnipeg. Once in the West distribution problems plagued all the excursionists with the result that places like Winnipeg, Moose Jaw, and Regina had too many harvesters on hand, while other places faced shortages. Consequently, numerous men wandered about aimlessly looking for work and often were forced to accept alternative employment at substantially less money than they had expected. The result was that the image of the West as capable of satisfying all those who went there in search of work was temporarily tarnished.

POUR SATISFAIRE aux besoins de main d'oeuvre agricole de l'ouest, spécialement en temps de récolte, la Pacifique canadien organisa à partir de 1890 des voyages à tarifs spéciaux de l'est vers l'ouest pour les travailleurs en quête d'emploi en août et en septembre. C'est pourquoi, pour s'assurer d'un nombre adéquat de travailleurs agricoles qui pouvaient éventuellement devenir colons, les compagnies de chemin de fer, avec l'aide du gouvernement fédéral et provinciaux, s'appliquèrent à présenter les Prairies comme un région pleine de promesses offrant du travail rémunérateur en quantité. En 1908 cependant, contre toute attente, un nombre sans précédent de travailleurs répondirent à l'appel lancé créant ainsi de nombreux problèmes. Un contingent venant des Maritimes en particulier, affamé et assoiffé sema du désordre dans la plupart des localités le long de la voie allant de Chalk River à Winnipeg. Une fois rendus à destination, ces voyageurs rencontrèrent des problèmes de répartition de la main d'oeuvre si bien que des villes comme Winnipeg, Moose Jaw et Regina eurent une surabondance de travailleurs tandis que d'autres localités souffrirent de pénurie. En conséquence, de nombreux travailleurs passèrent beaucoup de temps à chercher un emploi et furent souvent réduits à travailler pour un salaire moindre qu'ils espéraient. Il en résulta que l'image qu'on se faisait de l'Ouest comme une terre prometteuse de travail fut temporairement ternie.

MINTO, NEW BRUNSWICK: A Study in Canadian Class Relations Between the Wars

Allen Seager

IN AND AROUND the site of the town of Minto lies New Brunswick's only major coal deposits. From the Laurier period to World War II the district experienced a process of industrial development, accompanied by the emergence of a working class community, dominated at the time of World War I by immigrant mine labour, later, by native-born workers drawn into industry from the surrounding rural areas. Like colliers in Nova Scotia or the western regions, Minto's workers sought relief from the worst abuses of industrial-capitalist development through trade union organization. This met with fierce resistance from employers, resulting in major coal strikes in 1920, 1926, 1934, and 1937-38. In Minto, however, a specifically political response, easily observable in other coal-mining regions was lacking. Radicalism in particular was weak, the polictical activity of Minto's workers being mainly confined to attempts to influence the policies and practices of the existing authorities. The paper attempts an explanation of the particular characteristics of Minto's working-class movement through reference to the interaction of local factors of culture and structure, and the evolution of the complex relationships between labour, business, and the state.

AUTOUR DE LA ville de Minto se trouve le seul gisement de charbon du Nouveau Brunswick. De la période Laurier à la Seconde guerre mondiale, ce district minier s'est développé et a vu l'émergence d'une class ouvrière formée pendant la Première guerre d'immigrants, et plus tard, de travailleurs originaires de la région rurale environnante. Comme les mineurs de Nouvelle-Écosse et de l'Ouest, les travailleurs de Minto ont cherché dans le syndicalisme le moyen de se protéger contre les abus du développement industriel capitaliste. Dans leur tentative d'organisation, les mineurs ont fait face à l'opposition des employeurs de sorte qu'il s'en est suivi plusieurs grèves importantes en 1920, 1926, 1934, et 1937-38. À Minto cependant, contrairement à d'autres régions minières, les travailleurs n'ont pas été enclins au radicalisme; ils ont fait peu de politique si ce n'est de tenter d'influencer les pouvoirs publics. L'article tente d'expliquer les caractères particuliers du mouvement ouvrier à Minto par l'interaction de facteurs locaux, à la fois culturels et structurels, et par les rapports complexes entre le travail, le capital et l'État.

SUBORDINATION OF LABOUR IN CANADIAN MINING

Wallace Clement

CLASS RELATIONS in Canadian mining are explored as changes occur first as a result of the formal subordination of labour through capitalist penetration of petty commodity production then through the real subordination of labour within capitalism. It is argued that the once autonomous position of craftsmen and tradesmen in the surface and underground operations of hardrock mines are being subjected to de-skilling as capital uses technology and the division of labour to maximize its control. Parallel with the mechanization of mines and the automation of surface operations is the introduction of "people technology" in the form of modular training schemes, also designed to maximize capital's control and ease its ability to replace workers.

L'AUTEUR pense que les rapports de classe dans l'industrie minière canadienne se sont modifiés d'abord lorsque les travailleurs ont été soumis au mode de production capitaliste des petits producteurs, puis lorsqu'ils ont été asservis au véritable capitalisme. Il soutient que les ouvriers qualifiés en surface et sous terre perdent leur autonomie et leur spécialisation lorsque le capital emploie la technologie et la division du travail pour maximiser son contrôle des travailleurs. Parellèlement à la mécanisation des mines et à l'automation des opérations de surface, les entreprises minières ont introduit un plan modulaire de formation, le "people technology," destiné à maximiser le contrôle du capital et à faciliter le remplacement des travailleurs.