Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 45, Spring 2000


Fighting the Sweatshop in Depression Ontario: Capital, Labour and the Industrial Standards Act

Marcus Klee

THE JUDICIAL AND POLITICAL FAILURE of Prime Minister R. B. Bennet's New Deal legislation shifted the struggle to reconstitute capitalism to the provincial and municipal levels of the state. Attempts to deal with the dislocations of the Depression in Ontario focused upon the "sweatshop crisis" which came to dominate political and social discourse after 1934. Ontario's Industrial Standards Act (1935) was designed to bring workers and employers together under the auspices of the state to establish minimum wages and work standards. The establishment of New Deal style industrial codes was premised on the mobilisation of organized capital and organized labour to combat unfair competition, stop the spread of relief-subsidized labour, and halt the predations of sweatshop capitalism. Although the ISA did not bring about extensive economic regulation, it excited considerable interest in the possibility of government intervention. Workers in a diverse range of occupations, from asbestos workers to waitresses, attempted to organize around the possibility of the ISA. The importance of the ISA lies in what it reveals about the nature of welfare, waged labour, the union movement, competitive capitalism, business attitudes to industrial regulation, and the role of the state in managing the collective affairs of capitalism. The history of the ISA also suggests that "regulatory unionism," as described by Colin Gordon in his work on the American New Deal, may have animated key developments in Canadian social, economic and labour history.

APRÈS L'ÉCHEC JURIDIQUE ET POLITIQUE du premier Ministre R. B. Bennet et de sa loi pour un New Deal, la lutte pour reconstituer le capitalisme passa aux niveaux provinciaux et municipaux. Les efforts entrepis pour composer avec les bouleversements que la Dépression en Ontario avaient causés se sont concentrés sur "l'exploitation des travailleurs" qui finit par dominer les débats politiques et sociaux après 1934. La Loi sur les normes industrielles de l'Ontario (1935) avait été conçue pour réunir les travailleurs et les employeurs, sous les auspices de l'État, dans le but d'établir le taux du salaire minimum et des normes de travail. L'établissement de codes industriels du genre New Deal était fondé sur le principe de la mobilisation du patronat et des syndicats pour combattre la concurrence injuste, mettre fin à l'expansion du travail subventionné par l'aide humanitaire, et mettre fin à la rapacité du capitalisme dans son exploitation des travailleurs. Bien quo la loi sur les normes industrielles n'ait pas apporté de réglementation économique extensive, elle suscita beaucoup d'intérêt, vu les possibilités d'une intervention de l'État. Les travailleurs, dans toute une gamme de métiers allant des ouvriers de l'amiante jusqu'aux employés de la restauration, essayèrent donc de s'organiser en fonction de ces possibilités de la loi. La Loi est importante par ce qu'elle révèle sur la nature de l'aide sociale, des gages des travailleurs, du mouvement syndical, du capitalisme concurrentiel, de l'attitude du monde des affaires envers la réglementation industrielle, et du rôle de l'État dans la gestion des affaires collectives du capitalisme. L'histoire de la loi semble en outre indiquer que le "syndicalisme réglementaire," tel que Colin Gordon l'a décrit dans son ouvrage sur le New Deal américain, a peut-être suscité des développements majeurs dans l'histoire, économique et ouvrière du Canada.

The State and Employers' Associations in British Columbia: 1900-1932

Andrew Yarmie

THROUGH A CASE STUDY of British Columbia employers' associations this article examines the complexity of capital/state/labour relations during the early 20th century. To evaluate the sources of employers' strength and to determine the restrictions placed on their dominance, this study uses current theories of the state as a framework. They provide opportunities to examine British Columbia's governments as being either a "captive state," in a position of "relative autonomy," or "autonomous." No single theory explains the events of this period. In some sectors of the economy, employers were able to control state policy, but the contradictions created by the state's two primary objectives of capital accumulation and legitimation ensured that it would take steps to retain its autonomy in order to maintain capitalist class institutions.

AU MOYEN D'UNE ÉTUDE DE CAS des associations d'employeurs de la Colombie-Britannique, cet article examine la complexité des relations entre le patronat, l'État et les syndicats au début du 20e siècle. L'étude utilise des théories modernes sur l'état-encadrement pour évaluer l'origine de la force des employeurs et préciser les restrictions qui ont limité leur dominance. Ces théories permettent d'examiner les gouvernements de la Colombie-Britannique comme étant soi un "état captif," soit dans une position "d'autonomie relative," ou encore "autonomie." Aucune théorie ne peut à elle seule expliquer les évènements de cette période. Dans plusieurs secteurs de l'économie, les employeurs ont pu diriger la politique de l'État, mais les contradictions créées par les deux principaux objectifs de l'État - accumulation de capitaux et légitimation - ont assuré que le gouvernement prendrait des mesures pour maintenir son autonomie afin de conserver les institutions de la classe capitaliste.

From Dust to DUST to Dust: Asbestos and the Struggle for Worker Health and Safety at Bendix Automotive

Robert Storey and Wayne Lewchuk

IN THE MID-1970s WORKERS and local union activists at Bendix Automotive in Windsor, Ontario, became aware that the brake shoes they manufactured contained asbestos and that the dust that regularly filled the air in sections of the company's two plants contained asbestos dust. Within the context of growing concern among Ontario workers and unions for greater health and safety protection, workers and local United Automobile Workers' (UAW) union activists at Bendix pressured the company and the Ontario government to clean up and/or eliminate asbestos from their workplace. In the midst of this struggle Bendix management announced that, for soley economic reasons, it was closing down its operations in Windsor. The shutdown, roundly decried by Bendix workers and union activists, nevertheless highlighted the tensions and contradictions confronting workers and unions in the area of health and safety. That is, while Bendix workers wanted their workplace to be safe and healthy, they also wanted and needed their jobs. At the same time, local and national union UAW officials, while trying to secure a safe and healthy working environment for their members, confronted the possibility of the plant shutting down if they pushed too hard on asbestos. In the end, the ability of Bendix to close down its operations, with minimal legal and no statutory sanctions, demonstrated the power of corporate capital and the conflicting and constrained nature and extent of workers' choices under capitalism in the arena of worker health and safety.

AU MILIEU DES ANNÉES 70, les ouvriers et les activistes de la section locale de Bendix Automotive, à Windsor en Ontario, se rendirent compte que les sabots de freins qu'ils fabriquiaent de l'amiante et que la poussière qui flottait dans l'atmosphère de plusieurs parties des deux usines de la société contenait de l'amiante. Vu l'importance toujours accrue accordée par les travailleurs et les syndicats de l'Ontario à l'obtention de meilleures conditions de salubrité et de sécurité, les travailleurs et les syndicalistes de la section locale du syndicat des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) firent des pressions sur Bendix et sur le gouvernement de l'Ontario pour que la société nettoie ou élimine l'amiante de leur lieu de travail. Pendant ces pourparlers, la direction de Bendix annonça que, pour des raisons uniquement économiques, elle fermait ses usines de Windsor. Cette fermeture, vivement décriée par les ouvriers et les syndicalistes, a néanmoins mis en relief les tensions et les contradictions auxquelles s'exposent les ouvriers et les syndicats et matière de santé et de sécurité. C'est à dire que, même si les ouvriers voulaient aussi garder leur emploi car ils en avaient besoin. En parallèle, les cadres des syndicats local et national, tout en essayant d'obtenir un milieu de travail sain et sécuritaire pour leurs membres, faisaient face à l'éventualité que l'usine ferme ses portes s'ils insistaient trop sur la question de l'amiante. En fin de compte, le fait que Bendix ait pu mettre fin à ses opérations avec des sanctions minimes et sans pénalité imposées part la loi, montre le pouvoir du grand patronat, ainsi que l'étendue et la nature opposée et contraignante des choix dont les ouvriers disposent sous le règne du capitalisme en matière de santé et de sécurité en milieu de travail.