Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 43, Spring 1999


The Moral Economy of the Commons: Ecology and Equity in the Newfoundland Cod Fishery, 1815-1855

Sean Cadigan

A SENSE OF DETERMINISM about the emergence of capitalism and the ruthless over-exploitation of nature in European colonial expansion pervades much of North American environmental and ecological history. The attempts of 19th-century Newfoundland fishing people to regulate access to common-property marine resources suggests that some European settlers were also capable of non-capitalist forms of ecological management. Fishers protested against the introduction of new fishing technology in response to localized exhaustion of cod stocks. Some of these protests involved the destruction of newer equipment, while others were anonymous assaults on the equipment's owners. The protests represented attempts to forestall the depletion of marine resources by the futher capitalization of the fishery. By the late 1840s the demands for conservation measures became more organized politically under the leadership of mercantile agent William Kelson. Although he was conservative and paternalistic, Kelson's criticism of the unrestrained employment of technology in the fishing industry had radical implications. Kelson supported the desire to preserve a customary and equitable right of access to fish for present and future generations. The preservation of equitable access may have been seen as an ecological norm of a moral economy that ran counter to the individualistic and accumulative values of a nascent local capitalist political economy.

LE DÉTERMINISME ASSOCIÉ à l'émergence du capitalisme et à la surexploitation impitoyable de la nature durant l'expansion coloniale européenne colore une bonne partie de l'écologie historique de l'Amérique du Nord. Le fait que des pêcheurs terre-neuviens du XIXe siècle étaient tenté de réglementer l'exploitation des ressources marines collectives laisse supposer que certains colons européens étaient également capables d'une gestion écologique et non capitaliste des ressources. Constatant l'épuisement des micro-stocks de morue, les pêcheurs protestèrent contre les nouvelles techniques de pêche, parfois en détruisant le nouveau matériel, parfois par des attaques anonymes contre les propriétaires du matériel. Les protestations étaient pour les pêcheurs un moyen de prévenir l'épuisement des ressources marines par une exploitation de plus en plus capitalisme des pôcheries.

Vers la fin des années 1840, les actions menées en revendication de mesures de conservation devinrent mieux organisées politiquement grâce au leadership de William Kelson, un agent de commerce. Quoique Kelson fût conservateur et paternaliste, ses critiques contre l'usage débridé de la technologie dans l'industrie de la pêche étaient potentiellement radicales. Kelson voulait préserver le droit d'accès coutumier et équitable aux ressources en poisson pour les populations de son temps et celles à venir. La sauve garde de droits &quitables constituait, à bien des égards, le fondement d'une économie morale et écologique qui allait à l'encontre des valeurs d'individualisme et d'accumulation de biens matériels sur lesquels s'appuyait cette économie capitaliste encore toute jeune.

Unfair Masters and Rascally Servants? Labour Relations Between Bourgeois, Clerks and Voyageurs in the Montréal Fur Trade, 1780-1821

Carolyn Podruchny

THE MONTRÉAL FUR TRADE labour system was organized around indentured servitude, paternalism, and cultural hegemony. French Canadian labourers signed legal contracts promising to obey their master in exchange for board and wages. These legal contracts were overshadowed by "social contracts" which signified continual negotiating for fair working conditions. Although voyageurs did not challenge the structure of the master and servant relationship, they continually pushed at the boundaries of their rights as workers. They diminished master authority through a "counter-theatre" of resistance, which included working slowly, complaining, stealing provisions, and deserting the service.

LE RÉGIME DE TRAVAIL associé au commerce de la fourrure de Montréal reposaitsur le servitude, le paternalisme et l'hégémonie culturelle. Les journaliers canadiens-français devaient signer des contrats les obligeant à obéir à leurs maître qui, en retour, leur fournissaient nourriture et salaire. Ces contrats étaient en fait éclipsés par des "contrats sociaux" qui nécessitaient des négociations sans cesse renouvelées pour des conditions de travail raisonnables. Les voyageurs ne contestaient pas la hiérarchie des relations entre maître et servants, mais ils repoussaient continuellement les frontières de leurs droits en tant que travailleurs. Ils réussirent à diminuer l'autorité du maître par une campagne de résistance qui consistait à travailler lentement, à se plaindre, à voler des vivres et à déserter les compagnies.

Art and Industrial Society: The Role of the Toronto Mechanics' Institute in the Promotion of Art, 1831-1883

Ellen Ramsay

THE TORONTO MECHANICS' INSTITUTE (1831-1883) served as one of the principle institutions of art instruction, the employment of artists (female and male), and exhibition of art in 19th century Toronto. Artists and illustrators now well known in the annals of Canadian art including Laura Bell, Mary Cooper, Richard Baigent, William Bengough, Robert Gagen, William Hind, Henry Martin, George Reid, Kivas Tulley, John Tully, and E. K. Westmacott were amongst the list of teachers and exhibitors at this Institute which attracted 6,000 to 9,000 people and as many as 700 paintings and photographs to its Annual Exhibition by mid-century. Founded for the advancement of worker self-education in the period prior to the Rebellion, the Toronto Mechanics' Institute continued to play a vital role for the Toronto working class in both practical design and fine art throughout the century until the emergence of public adult educational provisions in the latter quarter of the century. The minute books and annual reports of the Mechanics' Institute provide an instructive source for the researcher and demonstrate that contrary to some received wisdom that the mechanics' institutes were middle-class institutions, the Toronto Mechanics' Institute witnessed many lively debates on relevant social topics and remained committed to a working-class orientation throughout its existence despite the changing compositions of its Board. This article sets forth some archival findings and makes some theoretical refinements to the debates on the Mechanics' Institute in the hope of contributing to the on-going research.

LE TORONTO MECHANICS' INSTITUTE (1831-1883) était l'un des principaux établisements offrant à Toronto, au XIXe siècle, un endroit où travailler étudier les arts et exposer. Des artistes et des illustrateurs maintenant célèbres dans les annales des arts canadiens, dont Laura Bell, Mary Cooper, Richard Baigent, William Bengough, Robert gagen, William Hind, Henry Martin, George Reid, Kivas Tulley, John Tully et E. K. Westmacott, étaient parmi ceux et celles qui enseignaient et exposaient à l'Institut, dont le salon annuel accueillait, au milieu du XIXe siècle, entre 6000 et 9000 visiteurs et présentait jusqu'à 700 tableux et photographies.

Fondé pour favoriser l'apprentissage autonome des travailleurs durant la période qui a précédé la Rébellion du Haut-Canada, le Toronto Mechanics' Institute joua un rôle fort important pour la classe ouvrière de Toronto tout au long du XIXe siècle, tant dans le domaine des arts plastiques que dans celui des beaux-arts. Son influence ne diminua qu'après 1875, lorsque le gouvernement prit des mesures pour favoriser davantage l'enseignement aux adultes. Les procès-verbaux et les rapports annuels de l'Institut sont une mine d'information pour les chercheurs. Ils montrent que, contrairement aux idées reçues, les instituts de ce genre n'étaient pas des établissements de la classe moyenne. Le Toronto Mechanics' Institute a été le théâtre de nombreux débats vigoureux sur des questions de grande importance sociale et n'a jamais dévié de son orientation ouvrière, malgré les fréquentes recompositions de son conseil d'administration. L'auteure présente quelques constatations puisées dans des archives quelques précisions théoriques sur les débats que suscite le Toronto Mechanics' Institute. Elle espère ainsi favoriser d'autres travaux de recherche sur ce sujet.