Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 37, 1996


From Haute Cuisine to Ox Roasts: Public Feasting and the Negotiation of Class in Mid-19th-Century Saint John and Halifax

Bonnie Huskins

THE PRIMARY OBJECTIVE of this paper is to delineate a typology or hierarchy of public feasts in the mid 19th-century Saint John and Halifax in order to show how we can use food as makers of class and as instruments in the process of class formation. I will be considering such questions as: why did people in different classes partake of "victuals" and "spirits?" How does this reflect their different priorities and social practices at mid century? Emphasis will be placed on public secular feasts-that is, the banquet, ox roast, institutional repast, and tea and coffee soir&eacutee-which were held to commemorate royal and patriotic anniversaries. It is only through these local micro-studies that we can effectively "get at" the meanings associated with food and drink.

L'OBJECTIF PRIMORDIAL de cet article est de délimiter une typologie ou une hiérarchie des festins publics au 19e siècle à Saint-Jean et à Halifax, afin de démontrer comment l'usage de la nourriture et de la boisson marquent la classe et sont des outils dans le processus de la formation de classe. Les questions considérées seront les suivantes: pourquoi les membres des classes distinctes goûtaient-ils aux "vivres" et aux "spiritueux"? Comment cela se refléte-t-il dans leurs priorités et dans leurs habitudes sociales au milieu du siècle dernier?

L'emphase sera mise sur les festins publics séculaires c'est-à-dire: le banquet, le gueuleton (rôti de boeuf), le repas institutionnel ainsi que la soirée thé et café - cette dernière ayant lieu lors de la commémoration des anniversaires royaux et patriotiques. C'est à travers ces micro-études locales que l'on pourra comprendre effectivement les signifacations associées à la nourriture et à la boisson.

Soldiers' Work; Soldiers' Health: Morbidity, Morality, and their Causes in an 1840s British Garrison in Canada

Jacalyn Duffin

THE FORT Wellington Hospital Register contains the case histories of 278 soldiers treated by military physicians in an 1840s British garrison. A computer-assisted analysis of the register provides infomation about illnesses suffered and the treatments prescribed, and allows for an examination of both soldiers and their doctors as workers. the soldiers were often ill because of the working conditions associated with soldiering, and their doctors were sometimes aware of the causal connection. This study leads to epistemological suggestion that the disease labels used by the physicians were influenced by their working relationships with their soldier-patients and their superiors in the military setting.

LE REGISTRE de l'Hôpital de Fort Wellington contient les cas cliniques de 278 soldats traités par les officiers médicaux dans une garnison britannique pendants les années 1840. Une analyse à l'aide de l'ordinateur nous donne des reseignements sur les maladies et les traitements et nous permet d'étudier les soldats et leurs médecins comme travailleurs. Les soldats souffraient souvent des conditions de travail - situation étiologique que leurs médecins ont quelquefois bien appréciée. Ce projet nous mêne à l'idée épistémologique que les noms des maladies choisis par les médecins étaient influencés par leurs relations de travail avec leurs soldats-patients et avec leurs officiers supérieurs dans un context militaire.

Forging Responsible Unions: Metal Workers and the Rise of the Labour Injunction in Canada

Eric Tucker and Judy Fudge

AT THE TURN of the century, the legisaltive, administrative, and judicial branches of the Canadian state responded to the labour conflicts associated with the second industryial revolution by simultaneously expanding both their coercive and their faciliative roles. This paper examines one aspect of this development, the rise of the labour injunction, though a study of a series of strikes conducted chiefly by metal workers in south central Ontario between 1900 and 1914. In addition to retrieving the largely forgotten genelogy of a body of law that continues to play an important role in regulating and contianing trade union activity, the study contributes insights into debates raging amoung labour historians regarding the role and significance of state institutions and public discourse in determining the trajectory and fate of organized labour.

VERS LA FIN du siècle dernier, les agences législatives, administratives et judiciaires de l'Etat canadien ont réagi aux conflits de travail associés à la seconde révolution industrielle, par l'expansion simultanée de leurs rôles coercitifs et positifs. L'article examine l'un des aspects de ce développement, notamment, la multiplication des injonctions, à l'aide d'une étude concentrée sur une série de grèves dirigées par les métallurgistes dans le centre-sud de l'Ontario entre 1900 et 1914.

En plus de retrouver la généalogie oubliée d'un corps législatif qui continue de jouer un rôle important dans le réglement et l'encadrement des activités des syndicats, l'etude est très intuitive concernant les débats qui existent entre les historiens au sujet du rôle et de l'importance des institutions d'Etat, ainsi que du discours public afin de déterminer la trajectoire et le destin du travail organisé.

Charles Millard, A Canadian in the International Labour Movement: A Case Study of the ICFTU 1955-61

Anthony Carew

SHORTLY AFTER its formation in 1949, the Interantional Confederation of Free Trade Unions(ICFTU) became hamstrung by disagreements over cold war issues. General Secretary Oldenbroek's caution was critized by the Americans, and Charles Millard, Canadian Director of the Steelworkers, was appointed Reginal Director, a post established to counterbalance Oldenbroek's influence and to revitalize the organization. However, Millard's zeal was insufficient to compensate for his shortage of international experience, and lack of guile left him vulnerable to opponents among the movement's power brokers. At odds with both the American and British union leaderships, he resigned in 1961, a victum of the constraints placed on labour internationalism by the Cold War.

PEU APRÈS SA formation en 1949, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) était tourmentée par des disputes au sujet de la Guerre froide. La prudence de secrétaire général Oldenbroek avait été critiqué par les Américains, et donc Charles Millard, le directeur canadien des sidérurgistes, a été nommé directeur régional. Ce poste a été établi afin de contrebalancer l'influence d'Oldenbroek, ainsi que pour revitaliser l'organisation.

Néanmoins, l'enthousiasme de Millard était insuffisant pour compenser son manque d'expérience internationale et son marque d'astuce qui l'ont laissé vulnérable face à ses adversaires à l'intérieur du mouvement. Brouillé avec les autorités syndicales américaines et britaniques, il a démissionné en 1961, victime des contraintes empirées par l'internationalisme du travail lors de la Guerre froide.

Fair Play or Fair Pay? Gender Relations, Class Consciousness, and Union Solidarity in the Canadian UE

Julie Guard

WOMEN WHO were activists in the Canadian district of United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE) during the postwar and cold war era challange the assumption that class consciousness is incompatible with female gender consciousness. Encouraged by the leadership's espoused commitmnet to gender equality, and secure in their strategic importance as a quarter of the UE's membership, wemon activists not only refused to accept second-class status within the union, but called, in the name of solidarity, for men's active support in the struggle for wemon's rights. Although their arguments for a gender-conscious analysis of class struggle failed to convince UE's leadership, their struggle laid the foundation for the working-class feminism that later emerged within the union.

LES FEMMES COMBATTANTES dans le district canadien du syndicat des électriciens, des techniciens de la radio et des machinistes unis d'Amérique (UE) pendant les périodes postérieures à la Seconde guerre mondiale ainsi qu'à la Guerre froide, ont défié la thèse soutenant que la conscience de classe est incompatible avec la conscience féminine.

Encouragées par la confiance professée par les autorités concernant l'égalité des sexes et sécurisées par l'importance stratégique du fait qu'elles formaient le quart des membres de l'association, les femmes combattantes ont non seulement refusé d'accepter le statut de classe secondaire à l'intérieur du syndicat, mais elles ont invoqué au nom de la solidarité, l'appui actif des hommes pour les droits de la femme. Même si leurs arguments pour l'analyse de la conscience féminine dans la lutte des classes n'ont pas réussi à convaincre les autorités du syndicat concerné, leurs lutte a jeté les bases du développement du féminisme dans la classe ouvriére qui a émergé plus tard à l'intérieur du syndicat.