Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 36, Fall 1995


The Construction Workers' Strike on the Canadian Pacific Railway, 1879

David J. Hall

IN MAY 1879 construction workers struck on contract 15 of the CPR to demand back pay, restoration of wage structures, and improved board and medical attendance. The working conditions, causes, and outcome of the strike were typical of the situation for unskilled labourers on large construction projects in the 19th century. The workers gained their back pay, but little else. At the same time, the strike contributed to the loss of the contract by the contractor, Joseph Whitehead, and perhaps also contributed to the end of the small contract system of building the transcontinental railway.

EN MAI 1879, les travailleurs engagés à la construction d'un tronçon du chemin de fer du Canadian Pacifique se mirent en grève pour réclamer les salaires arriérés, le rétablissement des structures de salaires et une amélioration de la pension et de l'aide médicale. Les conditions de travail, les causes et l'issue de la grève étaient typiques de l'expérience des travailleurs non-qualifiés engagés sur des projets de construction de grande envergure au 19e siècle. Les ouvriers obtinrent le paiement des salaires arriérés, mais pratiquement rien de plus. De plus, le conflit de travail se traduisit pour Joseph Whitehead, l'entrepreneur, par la perte du contrat de constuction. La grève contribua probablement aussi à la disparition de l'octroi de petits contrats pour la construction du chemin de fer transcontinental.

"Loafers Are Not Going to Subsist Upon Public Credulence": Vagrancy and the Law in Calgary, 1900-1914

David Bright

BETWEEN 1900 AND 1904, rapid growth in population and industrial production transformed Calgary. It was also a period in which those arrested and charged with vagrancy appeared before the local police court in increasing numbers. Previous studies have suggested that the prosecution of vagrants amounted to a form of social control. Reflecting the values of the dominant middle class, local authorities sought to suppress or reform anyone who rejected those same values, especially those connected to the importance of work. This article argues that, in Calgary at least, the criminal justice system lacked the intent or means to reform vagrants. Instead, it punished them as an example to the wider working class of the penalty for rejecting the work ethic.

ENTRE 1900 ET 1904, la croissance rapide de la production et la hausse de la production industrielle ont transformé la ville de Calgary. Au même moment, les personnes arrêtées et accusées de vagabondage se voyaient traduites devant la cour municipale de police. Jusqu'ici, les études ont suggéré que les poursuites judiciaires pour vagabondage constituaient une forme de contrôle social. Véhiculant les valeurs de la classe moyenne dominante, les autorités municipales s'efforçaient ainsi de réprimer ou de réhabiliter toute personne qui rejetait ces valeurs, surtout celles concernant l'éthique du travail. Cette recherche démontre que le système de justice criminelle, à Calgary tout du moins, n'a eu ni l'intention ni la capacité de réhabiliter les vagabonds. Bien au contraire, il a punit ces derniers, donnant ainsi des exemples à la classe ouvrière locale de ce qu'il en coûte de rejeter l'éthique du travail.

"Winning Women for Socialism": The CCF and Women, 1947-1961

Dan Azoulay

THIS ARTICLE examines the role of women in the Ontario Co-operative Commonwealth Federation (CCF) in the period 1947 to 1961. Taking a revisionist approach, it argues that the main concern of Ontario CCF women, as expressed through the Provincial Women's Committee, was with expanding the party's membership and support by attracting other women to the party, and not with advancing the equality of women, as the existing literature contends. It is further argued that women were not significantly under-represented in positions of power within the CCF, that the party's sexual division of labour was due largely to the timidity of its female members, and that the methods used to "win women for socialism" were practical and sensible under the circumstances.

CET ARTICLE examine le rôle des femmes engagées dans l'aile ontarienne du Co-operative Commonwealth Federation au cours de la période 1947 à 1961. Selon une nouvelle approche, la recherche soutient que la principale préoccupation des femmes du CCF ontarien, telle que vue à travers le Provincial Women's Committee, était l'accroissement du membership du parti et l'attraction d'autres femmes à l'organisation, et non pas l'avancement de l'égalité des femmes, comme l'historiographie existante l'affirme. L'étude affirme aussi que les femmes n'étaient pas significativement sous-représentées dans les positions de pouvoir à l'intérieur du CCF. De plus, la division sexuelle du travail dans le parti était largement provoquée par la timidité des membres féminins. Bref, les méthodes employées pour gagner les femmes à la cause du socialisme étaient pratiques et adaptées aux circonstances.

"Even the Little Children Cooperated": Family Strategies, Childcare Discourse, and Social Welfare Debates, 1945-1975

Alvin Finkel

THE DEBATE about public funding and regulation of childcare has always had as its central focus: should mothers be encouraged or discouraged from seeking paid work outside the home? While some scholars argue that labour needs -- the "reserve army" thesis -- best explain resulting public policies regarding childcare, this article argues that campaigns by women's organizations, sometimes aided by mixed-sex progressive social organizations, have been more important in public policy-making. Discourse on paid work for women with children has shifted from 1945 to 1990 from extremely negative to ambivalent. But the Right has limited the impact of women's mobilization for shared state responsibility for childcare by insisting on childcare arrangements as a working mother's responsibility.

LE DEBAT entourant le financement public et la réglementation des garderies a toujours eu pour préoccupation centrale la question suivante: doit-on encourager ou décourager le travail salarié des mères à l'extérieur du foyer? Plusieurs spécialistes soutiennent que la politique sociale concernant les garderies est conditionnée par les besoins de main-d'oeuvre des employeurs - la thèse de "l'armée de réserve." Mais cet article avance que les campagnes menées par les organisations de femmes, parfois soutenues par d'autres organisations progressistes, ont été plus déterminantes dans la formulation de la politique sociale. Le discours concernant le travail salarié des mères a changé entre 1945 et 1990, allant d'une opposition globale de leur participation à une attitude ambivalente. Mais la Droite a limité l'impact de cette mobilisation des femmes en faveur d'une responsabilité plus grande de l'État à l'égard de la gard des enfants, en insistant que les arrangements soient de la responsabilité des mères.

Women Workers, Employment Policy and the State: The Establishment of The Ontario Women's Bureau, 1963-70

Joan Sangster

IN 1963, THE ONTARIO Government established a Women's Bureau within the Department of Labour to do research, public relations work, and policy development relating to working women in the province. This article examines the early evolution of the Women's Bureau from 1963 to 1970 assessing the reasons for its establishment and the successes and failures of its early programs designed to aid working women.

The Bureau urged the government to consider anti- discrimination legislation, and in 1970 it helped to develop new legislation designed to enhance women's equality by legalizing maternity leave, banning discrimination based on marital status, and abolishing job posting by sex. Drawing on recent debates about the state and employment policy, particularly those looking at the relationship between feminist and labour activists and the state, this article asks whose interests the Bureau represented, and whether or not this state-initiated legislation designed to enhance gender equality was effective, either in the short or long term.

EN 1963, le gouvernement ontarien établit un Bureau des femmes au sein du Département du Travail pour effectuer la recherche, le travail de relations publiques et la préparation de politiques concernant les femmes actives de la province. Cet article examine l'évolution de ce Bureau entre 1963 et 1970 pour comprendre les raisons de son établissement et les succès et échecs de ses premiers programmes visant à venir en aide aux Ontariennes.

Le Bureau pressa le gouvernement de considérer des mesures anti-discriminatoires et, en 1970, il contribua à la préparation d'une nouvelle loi visant à accroître l'égalité des femmes. Cette loi légalisa le congé de maternité, interdit la discrimination basée sur le statut marital et abolit la définition de postes selon le sexe. Cet article s'appuie sur les débats récents portant sur l'État et la politique d'emploi, particulièrement ceux concernant la relation entre féministes et militants ouvriers, et l'État, pour demander quels intérêts le Bureau cherche-t-il à représenter et si les mesures initiées par l'État pour accroître l'égalité de genre étaient efficaces à court et à moyen terme.

The Impact of the Postwar Compromise on Canadian Unionism: The Formation of an Auto Worker Local in the 1950s

Don Wells

AT THE HEART of Canada's "Fordist" class compromise after World War II lay a new unionism which reinforced managerial control in the workplace. By repudiating rank-and-file initiatives against various dimensions of management control of the labour process, the new unionism displaced a potentially transformative kind of unionism that arose during the war. The significance of this transition is explored through a comparative examination of the relations between union leaders and members at two autoworker locals, one of which exemplified the ran-and-file-oriented local unionism of the war years, the other the new centralized unionism which came in its wake. It is argued that this transition to a new unionism was a key contributor to the marginalization of class-based politics in Canada after the war.

AU COEUR DU compromis de classe "fordiste" au Canada après la Deuxième guerre mondiale, on trouve un nouveau genre de syndicalisme qui renforce le contrôle patronal sur les lieux de travail. Le nouveau type de syndicalisme déloge une forme de syndicalisme plus militante apparue pendant le conflit mondial, en répudiant ces initiatives venues de la base visant à contrer différentes dimensions du contrôle patronal sur l'organisation du travail. Par l'analyse comparative des relations entre les dirigeants syndicaux et leurs membres dans deux syndicats locaux, l'article vise à comprendre la signification de cette transition. L'un des locaux représente le modèle du militantisme "de la base" des années de la guerre, tandis que l'autre illustre le syndicalisme centralisé qui lui a succédé. Selon cet article, la transition vers une nouvelle forme de syndicalisme est un facteur clef contribuant à la marginalisation des politiques du lutte "classe contre classe" après la guerre.