Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 34, Fall 1994


The British Collier in British Columbia: Another Archetype Reconsidered

John Douglas Belshaw

IT IS A WIDELY held axiom of British Columbia's labour history that the province's radical tradition originated among immigrant British workers who formed the social bedrock of Vancouver Island's coaltowns in the 19th century. This paper challenges the stereotype of the British BC worker in the last century by balancing the post-immigration experience against the pre-emigration vocabulary of work, class, race, and politics. I conclude that insofar as a British fountainhead is significant for BC's political history it is in the diffusion of class solidarity to competing claimants for political support. The legacy of the British collier on Vancouver Island was not one of monolithic radicalism or even Labourism; instead it was one of conflicting inclinations which were as politically divisive for labour in Britain as they were on Canada's west coast.

SELON UN AXIOME largement répandu en histoire ouvrière de la Colombie-Britannique, la tradition radicale de la province prend sa source chez les immigrants britanniques qui constituaient la base sociale des communautés de mineurs de charbon de l'île de Vancouver au dix-neuvième siècle. Ce article remet en question ce stéréotype du travailleur britannique dans la province au siècle dernier en confrontant leur expérience post-migratoire à leur vocabulaire pré-migratoire de travail, classe, race et politique. J'arrive à la conclusion que l'origine britannique des ouvriers est significative pour l'histoire politique de la Colombie-Britannique car qu'elle favorise la diffusion de la solidarité de classe chez des mineurs partagés par leur quête du pouvoir politique. Le legs des mineurs britanniques sur l'île de Vancouver ne consiste pas en un radicalisme ou un travaillisme monolithique, mais au contraire en des tendances conflictuelles qui ont divisé autant les travailleurs en Grande-Bretagne que sur la côte ouest du Canada.

Communist Organizing in the Needle Trades, The Dressmakers Campaign 1928 to 1937

Mercedes Steedman

THIS PAPER DEALS with the Needle Trades Industrial Union (NTIU) organization drive in the garment industry of the cities of Montréal, Toronto, and Winnipeg. I argue that the relative success of this branch of the Workers Unity League (WUL) in unionizing the female workforce originates in part from the union's internal representation structure. Women's work was isolated from men's by the sharp gender division of work, which characterized the garment trade. A union structure adopted to overcome this division of work, one based on the place of work (and not on the industrial branch) favoured women's participation to unionism.

CET ARTICLE TRAITE de l'effort d'organisation de l'Union industrielle des ouvriersères de l'aiguille du Canada (UIOAC), une branche de la Ligue d'unité ouvrière (LUO), dans l'industrie de la confection des villes de Montréal, Toronto et Winnipeg. Nous voulons démontrer que le succès relatif de l'effort de syndicalisation de cette force de travail largement féminine tient, en partie, à la structure de la délégation syndicale adoptée par le UIOAC. La stricte division sexuelle du travail qui caractérise le procès de production de l'industrie du vêtement isolait le travail des femmes de celui des hommes. La structure syndicale adoptée pour surmonter cette division du travail, fondée sur le lieu de travail (et non par branche d'industrie), a eu pour effet de favoriser la participation des travailleuses au syndicalisme.

The Struggle Over Job Ownership in the Canadian Basic Steel Industry: An Historical Analysis

Robert Storey

THIS PAPERS CENTRES on the struggles over job ownership between labour and management that have been integral to the shaping and reshaping of the Canadian steel industry over the course of the 20th century. In the first phase of industry development (1900-1940s), management had virtual control over the structuring of jobs. The second phase (1940s-1970s) saw the arrival of industrial unionism and the establishment of seniority and grievance systems which gave workers employment security and, over time, a sense of job ownership. The third phase (1980s) has been a period of crisis in which steel management in Canada has embarked on a restructuring campaign -- a critical feature of which is their determination to recapture job ownership through the introduction of new technologies, job amalgamations, and the implementation of teams. If steel management succeeds in wresting job ownership back from its workers, the paper concludes, then conditions will return to the pre-union period where management created and destroyed jobs as they desired.

CE TEXTE EST AXÉ sur les luttes qui ont opposé les syndicats et le patronat au sujet du contrôle des emplois, luttes qui ont profondément contribué à modeler, voire à remodeler l'industrie canadienne de l'acier au fil du XXe siècle. Au cours de la première étape de l'évolution de cette industrie (de 1900 aux années quarante), le patronat contrôle complètement l'organisation du travail. Pendant la deuxième étape (des années quarante à soixante-dix), l'arrivée du syndicalisme industriel et l'établissement des régimes d'ancienneté et de traitement des griefs, offrent aux travailleurs la sécurité d'emploi et, graduellement, le sentiment d'exercer un contrôle sur leur travail. La troisième étape (les années quatre-vingt) représente une période de crise au cours de laquelle le patronat du secteur canadien de l'acier s'engage dans une vaste campagne de restructuration de l'organisation du travail. L'une des caractéristiques les plus importantes de l'opération réside dans la détermination des patrons à récupérer à tout prix le contrôle des emplois par l'entremise de l'implantation de nouvelles technologies, de la fusion d'emplois et de l'introduction d'équipes de travail. Dans l'éventualité où le patronat parviendra à récupér le contrôle des emplois, la recherche conclut à un retour en arrière: les conditions de travail reviendront à ce qu'elles étaient avant la syndicalisation des travailleurs de l'acier, alors que le patronat créait et abolissait à loisir les emplois.

Strikes and Class Consciousness

Tom Langford

THIS ARTICLE USES a classical Marxist framework to study the consciousness and action of inside postal workers in Hamilton, Ontario during and after their participation in the 1987 strike by the Canadian Union of Postal Workers (CUPW). At the time of the strike the Hamilton Local of CUPW was 58 per cent women; the article includes a discussion of the impact of gender processes on women worker's consciousness and action. It also deals with three more general issues. First, through a discussion of conceptual issues and the presentation of a multi-level theoretical model, I offer advice on how to proceed with empirical research on strikes and class consciousness. Second, the "culture of solidarity" portrayal of strikers, as developed by Rick Fantasia, is criticized for presenting an over-integrated view of the participation and consciousness of strikers. I argue that one need not romanticize striking workers in order to be optimistic about the political role of the contemporary working class. This optimism must recognize that in a macro context of politico-economic stability, only a minority of a striking workforce can be expected to experience an expansion of generalized class consciousness. Third, I suggest that Marxist political action in the 1990s should concentrate on the development of generalized class consciousness, especially workers' positive sense of class unity, through the organization of local worker solidarity networks.

CET ARTICLE PROPOSE une analyse marxiste classique de la relation entre conscience et action chez les postiers de la ville de Hamilton, Ontario, pendant et après la grève menée par le Syndicat des postiers du Canada (SPC) en 1987. Comme la section locale d'Hamilton était composée à 58 pour cent de femmes au moment de la grève, l'article analyse l'impact du genre sur la conscience et l'action des postières. Il traite aussi de trois autres questions générales. D'abord, je formule des suggestions quant à la procédure pour réaliser une recherche empirique sur les grèves et la conscience de classe, en présentant diverses considérations conceptuelles et un modèle théorique à multiples niveaux. Dans un deuxième temps, je critique la description des grévistes qui fait appel à la notion de "culture de la solidarité" avancée par Rick Fantasia car elle conçoit, à mon sens, la participation et la conscience des grévistes de manière inappropriée. J'estime qu'il n'est point nécessaire de romancer la réalité des travailleurs en grève pour demeurer optimiste quant au rôle politique de la classe ouvrière contemporaine. Il faut reconnaître qu'en période de stabilité politico-économique générale, seule une minorité d'ouvriers en grève peut connaître un élargissement de la conscience de classe généralisée. Troisièmement, je suggère que l'intervention politique marxiste dans les années 1990 doit avant tout chercher, grâce à l'organisation de réseaux locaux de solidarité ouvrière, à favoriser la naissance de la conscience de classe généralisée. Un élément essentiel de cette conscience de classe est le sentiment positif d'unité entre travailleurs.

Professionalization and Proletarianization: Medicine, Nursing, and Chriopractic in Historical Perspective

David Coburn

TWO SEPARATE theoretical streams touch on the fate of workers and their work, class and 'occupations and professions'. Analysis of the historical development of three interrelated occupations, medicine, nursing, and chiropractic, indicates that medicine is losing control over the health care division of labour. Whether or not one sees processes of proletarianization, however, depends upon whether one is examining a particular occupation or a set of occupations within a particular work domain. The analysis indicates that the struggles amongst occupations themselves contributes to proletarianization.

LE SORT DES OUVRIERS et de leur travail renvoi à deux concepts clefs: classe et profession. L'analyse du développement historique de trois professions intimement liées, la médecine, les soins infirmiers et la chiropraxie, indique que les médecins perdent le contrôle sur la division du travail dans les soins de santé. Peut-on parler de prolétarisation? Cela dépend si on examine une occupation en particulier ou un groupe de professions dans un domaine de travail donné. L'analyse démontre que la lutte entre les professions elles-mêmes contribue à la prolétarisation.