Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 33, Spring 1994


Lumber Society on the Industrial Frontier: Burrard Inlet, 1863-1886

R. A. J. McDonald

FROM THE MID-TO-LATE 19th century, the small settler population in British Columbia formed relatively isolated and highly discrete communities. One of these settlements, on Burrard Inlet, is best understood as the operation of industrial capitalism in a frontier setting. While settlement culstered around two sawmills, the power of capital - expressed through policies of managerial paternalism - was sharply curtailed by the ethnically complex, relatively transient, geographically isolated, and generally unstable nature of lumber society. As a consequence, relations between the companies and the community were much more a negotiated process than a simple exercise of managerial domination. Lumber capitalists could not escape the constraints imposed upon them by the frontier nature of their operation.

A PARTIR DU MILIEU ET JUSQU'À LA FIN DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE, les petites populations colonisatrices de Colombie-Britannique s'organisèrent en communautés isolées et distinctes. Une de ces communautés, Burrard Inlet, s'explique plus facilement en fonction du développement du capitalisme industriel en milieu frontalier. A mesure que les populations colonisatrices s'établirent aux environs de deux scieries, l'instabilité crée par la composition ethnique complexe, la nature transitoire et l'insolement des sociétés basées sur l'exploitation forestière restreignant sévèrement le pouvoir du capitalisme qui s'exprime par des politiques administratives paternalistes. Par conséquent, les rapports entre les compagnies et la communauté se distinguèrent beaucoup plus par un processus de négociation que par un simple exercise de domination adminstrative. Les capitalistes de l'industrie forestière ne purent éviter les constraintes imposées par la nature frontalière de leur entreprise.

Popular Resistance to Legal Authority in the Upper St. Francis District of Quebec: The Megantic Outlaw Affair of 1888-89

Jack Little

THIS ESSAY attempts to explain why the Scots Canadians of Québec's upper St. Francis district protected the fugitive, Donald Morrison, against the full force of the law in 1888-89. It rejects the proposition that ethnic tensions were a major factor, arguing instead that Morrison conforms to Eric Hobsbawm's definition of a primitive rebel. With the railway undermining the local subsistence-oriented economy and encouraging famailies to migrate from the district, the Highland community was facing a survival crisis which it would ultimately lose. The Megantic Outlaw affair therefore represented a final defiant and largely symbolic stand on the part of a tightly-knit rural community to the forces of industrial capitalism.

CET OUVRAGE tente d'expliquer pourquoi, en 1888-1889, les Canadiens écossaais du haut-district Saint-François, au Québec, ont protégé le fugitif Donald Morrison contre la pleine application de la loi. L'auteur rejette l'hypothèse selon laquelle les tensions ethniques ont joué un rôle déterminant dans cette affaire et soutient plutôt que Morrison satisfait à la définition du rebelle primaire que préconise Eric Hobsbawm. À cette époque, alors que le chemin de fer minait l'économie locale de subsistance en encourageant les familles à quitter le district, la collectivité écossaise faisait face à une véritable crise de survie dont, ultimement, elle ne réchapperait pas. L'affaire du hors-la-loi de Megantic s'inscrit donc comme un dernier défi à forte connotation symbolique qu'a voulu relever une population intrinsèquement rurale en voie de succomber devant les forces du capitalisme industriel.

From the Social Gospel to 'the Plain Bread of Leninism': A. E. Smith's Journey to the Left in the Epoch of Reaction After World War I

Tom Mitchell

A. E. SMITH was a central figure in the Communist Party from the mid-1920s until his death in 1947. An advocate of the radical Social Gospel until at least 1923, Smith's interchange with leading members of the Canadian Communist movement, the growing prestige of the Soviet State, and his disillusionment with the social democratic movement in Canada and abroad, combined during the post-war epoch of reaction to cause a shift in his perspective away from the optimistic verities of the Social Gospel to his apocalyptic vision of the Communist International. While he retained his basic epistemological perspective after 1923, Smith's estrangement from the non-Communist left led to his political isolation and, in early 1925, to his entry into the Communist Party.

A. E. SMITH était l'un des personnages centraux du Parti communiste et ce, du milieu des années vingt à son décès, en 1947. Ardent défenseur du Social Gospel dans sa version la plus radicale, du moins jusqu'en 1923, ses échanges avec les dirigeants du mouvement communiste au Canada, le prestige croissant de l'État soviétique et ses déceptions vis-à-vis du mouvement social-démocrate au Canada et à l'étranger ont concouru à l'amener, pendant la période d'après-guerre, à abandonner progressivement sa foi dans les vérités empreintes d'optimisme du Social Gospel et plutôt à endosser la vision apocalyptique de l'Internationale communiste. Bien que Smith ait conservé après 1923 une philosophie d'essence épistémologique, son éloignement par rapport à la gauche non communiste a contribué à son isolement politique et à son entrée dans le Parti communiste, au début de 1925.

The Tale of Tessie the Textile Worker: Female Textile Workers in Cornwall During World War II

Ellen Scheinberg

THE RECENT HISTORIOGRAPHY pertaining to women during World War II has tended to focus on women in either the war industries or the armed forces. While the first feminist scholars argued that women experienced a type of second emancipation during this period due to changes in societal attitudes, more recently, historians have contended that women were temporarily treated to certain economic and social benefits during the War because the government and industries were in desperate need of workers. This paper attempts to offer an alternative interpretation of women's experiences during this time, through the investigation of female textle workers in Cornwall, Ontario. Using a dual structural analysis, this study illustrates how male union leaders and company owners often collaborated in maintaining a segregated work force. Instead of experiencing a type of liberation from traditional occupational constraints, Cornwall's female textle workers remained subjugated in lower paying and lower skilled "female" jobs in the mills. Within this industry then, continuity rather than change characterized the experiences of female textile workers during World War II.

L'HISTORIOGRAPHIE RÉCENTE sur les femmes pendant la Seconde guerre mondiale s'est notamment penchée sur le sort de celles-ci dans les industries de guerre ou les forces armées. Bien que les premières écoles féministes aient soutenu que les femmes, au cours de cette période, avaient connu en quelque sorte une seconde émancipation du fait des changements d'attitude à leur endroit au sein de la société, plus récemment les historiens ont allégué que les femmes n'avaient provisoirement pu profiter de certains avantages économiques et sociaux pendant la guerre que parce que le gouvernement et les industries éprouvaient de pressants besoins en main-d'oeuvre. L'ouvrage précité s'efforce d'offrir une autre interprétation des exprériences des femmes au cours de cette période, plus précisément à la faveur d'une enquête sur les travailleuses du textile à Cornwall, en Ontario. Faisant appel à une analyse structurelle dualiste, cette étude illustre comment les hommes à la tête des syndicats et les propriétaires d'entreprises ont bien souvent collaboré en vue du maintain d'une ségrégation entre travailleurs et travailleuses. Plutôt que de connaître une certaine libéralisation par rapport aux contraintes professionnelles traditionnelles, les travailleuses du textile de Cornwall ont été confinées, dans les usines, aux emplois les moins bien payés, à ces emplois "de femmes" exigeant moins d'aptitudes. Les travailleuses du textile, pendant la Seconde guerre mondiale, ont donc été assujetties à des expériences qui s'inscrivaient que dans celui d'une quelconque évolution sociale.