Abstracts

ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 15, Spring 1985


Wage Labour and the Transition to Capitalism: A Critique of Pentland

Allan Greer

THIS PAPER EXAMINES two basic conceptual flaws in H. Clare Pentland's influential history of early Canadian working class, Labour and Capital in Canada, 1650-1850. First, Pentland's eclectic use of Marxist, staple thesis, and Weberian approaches makes for a fundamentally incoherent treatment of the subject. Second, focusing on labour (that is, waged labour) and capital, Pentland neglects the central features of Canada's pre-capitalist social formations: features such as the household economy of production and direct consumption, which had little to do with waged labour or capital. Because his understanding of pre-capitalist society is so defective, Pentalnd is unable to deal adequately with the transition to capitalism.

L'ARTICLE CONSIDÈRE DEUX faiblesses fondamentales dans l'ouvrage de H. Clare Pentland, Labour and Capital in Canada, 1650-1850. Premièrement, l'éclectisme de l'auteur, qui emprunte des aproches marxiste, wéberienne, ainsi que celle de la thèse des staples, mène à une interprétation plutôt incohérente. Deuxièmement, puisque Pentland ne considère que le travail rémunéré - c'est-à-dire, le travail à gages - et le "capital," il offre une vision tout-à-fait partielle des structures économiques et sociales du Canada d'avant l'époque capitaliste. Il néglige, par exemple, l'économie familiale des méages ruraux, une économie qui n'avait que très peu à faire avec le capital et le travail salarié. Ainsi, vu sa connaissance inadéquate de la société pré-industrielle, H. C. Pentland ne réussit pas à saisir les éléments essentiels de la transition au capitalisme.

The Communist Party and the Woman Question, 1922-29

Joan Sangster

THIS PAPER ANALYZES the Communist Party of Canada's view of the woman question, the role women played in the party, and the party's success and failures in its attempts to organize working-class women. The Communist Party's view of the woman question was shaped by the advice of the USSR and the Communist International, as well as by the party's social base and the political understanding of its membership. The Communist Party's Women's Department helped to create a new national organization for women, the Women's Labor Leagues, which, led by Florence Custance, experienced substantial growth in the 1920s. The Communist Party gave more attention to women's inequality than had previous socialist parties, although it failed to live up to its stated aims to organize working-class women and encourgae women's participation in the revolutionary movement.

CET ARTICLE ANALYSE la position du Parti communiste du Canada sur la question des femmes, le rôle de femmes à l'intérieur du parti, ainsi que les succès et les échecs du parti dans ses tentatives d'organisation des femmes de la classe ouvrière. L'attitude du PCC sur la question des femmes était influencée par le PCURSS et apr la Troisième Internationale ainsi que par la base sociale du parti et la compréhension politique de ses membres. La section des femmes du PCC contribua à créer une organisation nationale pour les femmes, La Ligue des femmes ouvrières, qui, sous la direction de Florence Custance, connut une croissance substantielle pendent les années 1920. Quoiqu'il ne réalisa pas ses objectifs d'organiser les femmes de la classe ouvrière et d'encourager la participation des femmes dans le mouvement révolutionnaire, le PCC accorda quand même plus d'attention à l'inégalité des femmes que les autres partis socialistes.

The Malaise of Compulsory Conciliation: Strike Prevention in Canada During World War II

Jeremy Webber

During World War II, the government of Canada sought to prevent strikes primarily through the use of compulsory conciliation: in specified industries, strikes and lockouts were prohibited until a government-sponsored board had investigated the dispute and delivered its report. This paper examines the operation of that regime during the war years. It highlites the tension between two alternative views of the boards' funtion (adjunctive and mediation), indicates how the government malnipulated the conciliation process in order to prevent or delay strikes, discusses briefly the reasons invoked by boards in their judgements, and demostrates the frustration arising from the government's reluctance to prescribe clear norms of industrial conduct. In the turbulent wartime economy, compulsory conciliation failed to achieve the level of industrial peace demanded of it. Eventually, mandatory wage controls and a labour code modeled on the American Wagner Act were adopted, restricting the scope of the conciliation regime.

PENDANT LA DEUXIÈME GUERRE mondiale, le gouvernement du Canada tenta d'éviter les conflits du travail en utilisant l'arbitrage obligatoire: dans certaines industries, les grèves et lock-outs furent interdits jusqu'à ce qu'un conseil nommé par le gouvernement eût enquêté et soumis son rapport. Le présent article examine les opérations du régime d'arbitrage en vigueur pendant les années de guerre. L'auteur étudie les tensions entre les deux fonctions du conseil (adjudication et médiation), la manipulation du processus d'arbitrage par le gouvernement pour empôcher ou retarder une grève, les raisons invoquées par le conseil dans ses jugements et les frustrations découlant des réticences du gouvernement à prescrire des normes claires concernant les relations industrielles, pour conclure qu'en ces temps agités d'économie de guerre, l'arbitrage obligatoire n'a pas réalisé la paix industrielle qu'on en attendait. À la longue, un contrôle obligitoire des salaires et un code du travail sur le modèle de la loi Wagner aux États-Unis furent adoptés, limitant la portée du régime d'arbitrage.