Abstracts
ABSTRACTS
from Labour/Le Travail 14, Fall 1984
Pigs, Cows, and Boarders
Non-Wage Forms of Survival among Montreal Families, 1861-1891
Bettina BradburyTO UNDERSTAND THE FAMILY ECONOMY of the working class in the period of early industrial capitalism it is necessary to go beyond a simple consideration of the sufficiency of wages, to put aside the equation of work with wage labour and to examine other ways in which survival could be enchanced. This paper begins an examination of non-wage-based survival strategies. It focuses on animal raising, gardening, the taking in of boarders and house sharing in mid- to late-nineteenth-century Montreal. These particular survival strategies can be ascertained to some extent from people's responses to the census taker. Analysis of their responses as found in the manuscript schedules of 1861 and 1871 constitutes the core of this paper. Professionals and proprietors were most likely to keep cows, the semi- and unskilled pigs. Pigs were outlawed in this period, while cows remained legal. Gardening, too, was largely eliminated on the narrow, densely bulit lots of the working class. The outlawing of pigs represents one of a complex of changes that, over the length of a generation, severely curtailed the proletariat's access to means of supplementing their wages and altered the contributions a wife and children could make to the family economy.
POUR COMPRENDRE L'ÉCONOMIE FAMILIALE de la classe ouvrière au moment de l'apparition du capitalisme industriel, nous devons dépasser la notion de salaire suffisant, mettre de côté l'équation entre le travail et le travail salarié et examiner d'autres façons pour les travailleurs d'assurer leur survie. Cet article qui porte sur Montréal au XIXe siècle explore d'autres sources de subsistance pour les familles que les salaires, c'est-à-dire la garde d'animaux, le jardinage, la location de chambres et le partage de loyer. L'analyse des recensements manuscrits de 1861 et 1871 permettent dans une certain mesure d'évaluer l'ampleur de ce phénonmène. Les professionels et les propriétaires gardaient de préférence des vaches et les travailleurs non-qualifiés et semi-qualifiés des porcs. L'élevage de porcs fut interdit dans la ville pendant cette période, alors qu'on pouvait encore légalement garder des vaches. Le jardinage aussi disparut sur les terrains étroits et densément peuplés de la classe ouvriès. L'interdiction des porcs a signifié pour le prolétariat la perte d'un complément important à leur revenu et a modifié la contribution des femmes et des enfants à l'économie familiale.
Workers' Conspiracies in Toronto, 1854-72
Paul CravenTRADE UNIONS WERE NOT CRIMINAL CONSPIRACIES in Canadian law prior to the passage of the Trades Unions Act. In a series of trials between 1854 and 1872 the Toronto criminal courts consistently failed to convict workers on evidence that would have warranted conviction had combinations to raise wages or lessen hours been considered to be criminal conspiracies. Analysis of the English case-law reveals a lack of judicial consensus that such combinations were criminal conspriacies, and in any event all such statements of law were merely obiter dicta. While such trade union purposes as raising wages could serve as evidence of combination, there was no criminal conspiracy in the absence of specific crimes.
LA PRÉSENCE DE SYNDICATS n'a pas constitué une conspiration criminelle avant le passation de l'Acte des associations ouvrières. Si les coalitions pour augmenter les salaires et réduire les heures de travail avaient été des conspirations criminelles, les cours de justice de Toronto auraient eu l'occasion à maintes reprises de faire condamner des travailleurs entre 1854 et 1872. L'étude de la jurisprudence anglaise révèle l'absence de consensus juridique au sujet du caractère criminel de ces coalitions et, à tout événement, ces articles de loi étaient simplement "obiter dicta." Quoique l'intention d'augmenter les salaires par les syndiqués puisse servir de preuve d'une coalition, il n'y avait pas de conspiration criminelle en l'absence d'action criminelle précise.
The Newfoundland Sealers' Strike of 1902
Briton Cooper BuschIN MARCH 1902, 3000 men were in St.John's prepared to go to the ice when rumours of lowered wages precipitated a major strike. The event produced minimal violence and delayed the fleet's sailing for only two days. Nevertheless, it was the only major sealing labour action in the era of the famous wooden walls and for the first time some limits were placed on the power of the Water Street merchant elite. Long-range causes involve many aspects of Newfoundland political, social, and economic organization; results included sealing safety legislation and encouragement of the foundation of William Coaker's Fisherman's Protective Union. The article discusses the background, evolution, and significance of the strike.
EN MARS 1902, alors que 3000 hommes à St. John se préparaient à une expédition sur les glaces, une grève majeure éclata à la rumeur qu'on allait réduire les salaires. Elle se déroula presque sans violence et son déclenchement ne retarda le départ de la flotte que pour deux jours. Néanmoins, ce fut la seule grève des travailleurs employés à la chasse des phoques à l'époque des fameux "wooden walls" et, pour la première fois, on restreignit le pouvoir de l'élite marchande de Water Street. Plusieurs aspects de l'organisation politique, socials et économique expliquent la grève et, parmi les conséquences du conflit, il faut relever la législation concernant la sécurité des chasseurs et l'impulsion donnée à la fondation de la Fisherman's Protective Union de William Coaker. L'article met un relief l'origine, l'évolution et la signification de la grève.
Co-operation and Community in the Thought of J.S. Woodsworth
Allen MillsTHE CONCEPT OF COOPERATION was commonly employed by the Left in Canada in the late 19th and earlier 20th centuries. In this paper I have examined how J.S. Woodworth used this notion. In fact, he used it in three different ways. One, however, predominated; that is, the idea of cooperation as industrial centralization and integration, monopolies, planning and managerial directedness. Cooperation, and by implication his theory of community, thus became subsumed in an image of industrial society that was hierarchical, coercive, centralist, and bureaucratic. Moreover, I argue that Woodworth's theories of cooperation and community show an intellectual affinity with certain liberal views of social reality, views that were utilitarian, instrumentalist and individualist.
AU CANADA, VERS LA FIN DU XIXe et au début du XXe siècle, la Gauche faisait souvent allusion au concept de la coopération. La présente étude porte justement sur l'emploi que faisait de ce concept, J. S. Woodsworth. En effet, ce dernier donnait au concept trois sens différents; cependant, pour lui la coopération signifait le plus fréquemment centralisation et intégration, monopoles, planification et dirigisme. C'est ainsi que la coopération - d'où découle implicitement la théorie de la communication de Woodsworth - s'est vue incorporer à une image de la société qui s'avérait hiérarchique, coercitive, centraliste et bureaucratique. Qui plus est, les théories de la coopération et de la communauté que proposait Woodsworth révèlent, me semble-t-il, un rapport intellectuel avec certaines attitudes sur la réalité sociale d'ordre libéral, attitudes qui sont à vrai dire utilitaires, instrumentalistes et individualistes.
An Agnostic View of the Historiography of the Irish-Americans
D.H. AkensonTHIS ARTICLE SUMMARIZES the accepted view of the Irish in America, notably that they have always been a city people. The author then surveys the sources of data on which the agreed interpretation is based. He demonstrates that for the crucial years of the Irish-Americans experience, the period 1815-75: (1) that the data base certainly is inadequate to prove the city people hypothesis and (2) he speculates (and his speculations are clearly labelled as such) that a more realistic interpretation of the ambiguous data is that the Irish indeed were not a city people. The importance of this argument for historians of social class in North America is that it implies that Irish immigrants and their off-spring cannot necessarily be assumed to have formed a part of the urban working class.
L'ARTICLE RÉSUME L'INTERPRETATION généralement acceptée que les Irlandais émigrés en Amérique se sont établis dans les villes. L'auteur fait une analyse critique des sources sur lesquelles est basée cette interprétation. Pour les années 1815-75, période décisive de l'immigration irlandaise en Amérique, il montre: (1) que les données se révèlent inadéquates pour soutenir l'hypothèse de l'immigration urbaine, at (2) qu'une analyse plus juste des données démographiques montre le caractère non-urbain de l'immigration irlandaise. Pour l'historien des classe sociales in Amérique du Nord, cette conclusion est importante, car il en découle qu'on ne peut nécessairement accepter l'interprétation que les immigrants irlandais et leurs descendents ont formé une partie de le classe ouvrière urbaine.









